Affichage des articles dont le libellé est Clarice Lispector. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Clarice Lispector. Afficher tous les articles

dimanche 16 décembre 2012

Le risque sacré du hasard

"Eu voltei a ser uma pessoa que nunca fui. [...] Terei que correr o sagrado risco do acaso. E substutuirei o destino pela probabilidade."

"J'ai recommencé d'être une personne que je n'ai jamais été. [...] Il me faudra courir le risque sacré du hasard. Et je substituerai le destin par la probabilité."

(A paixão segundo G.H., ma traduction. L'existent de bonnes traductions anglaises; en français j'en ignore la potabilité.)

samedi 28 juillet 2012

Água de beber, 2

« La secrète harmonie du désharmonieux : je ne veux pas ce qui est déjà fait, mais ce qui encore tortueusement en train de se faire. Mes mots déséquilibrés sont le luxe de mon silence. J'écris par acrobaties et pirouettes en l'air - j'écris de vouloir profondément parler. Même si l'écriture ne me donne que la pleine mesure du silence. »

vendredi 27 juillet 2012

Água de beber

À 53 ans, l'écrivaine brésilienne Clarice Lispector écrit une sorte de prose entre le roman, le carnet et la poésie; quelque chose de très court, très dense. C'est « Eau vive » :

« Seulement dans l'acte d'amour - dans la limpide abstraction stellaire de ce qui est senti - se capte l'inconnu de l'instant qui dans l'air vibre dur et cristallin, et la vie est cet instant inracontable, plus grand que l'événement lui-même : durant l'amour, l'impersonnel joyau du moment scintille dans l'air, étrange gloire du corps, matière devenue sensibilité par le frémissement des instants - et ce qui est senti est à la fois immatériel et si objectif qu'on dirait que ça arrive hors du corps, étincelant en haut, joie, joie qui est matière du temps et par excellence celle de l'instant. Et dans l'instant est le « est » de l'instant. Je veux saisir mon « est ». Et je chante alléluia dans l'air comme le fait l'oiseau. Et mon chant n'est à personne. Mais aucune passion soufferte dans la douleur et l'amour n'est suivie d'un alléluia.

[...] Je suis vivante. Mais je sens que je n'ai pas encore atteint mes limites, des frontières avec quoi? Sans frontière, l'aventure d'une liberté dangereuse. Je suis remplie d'acacias qui balancent du jaune, et moi qui commence tout juste mon périple, je commence avec le sens d'une tragédie, en devinant vers quel océan perdu vont les pas de ma vie. Et douloureusement je prends le contrôle de mon comble, mes délires m'étouffent avec tant de beauté. Je suis avant, je suis presque, je suis jamais. Et tout cela, je l'ai gagné en cessant de t'aimer. »

(Ma traduction.)