Cornet de citations, d'entrailles de lettrines, trame d'entailles, de tissus, d'os vivants; écriturin d'air et de viandes et d'eau fraîche merci; blocs de pierre veinés de hasards implacables; coeurs de mammifères dédaléens; garage de notes; fourrage & fourrures & coulées de WTF? & Wut?!
samedi 28 juillet 2012
Água de beber, 2
« La secrète harmonie du désharmonieux : je ne veux pas ce qui est déjà fait, mais ce qui encore tortueusement en train de se faire. Mes mots déséquilibrés sont le luxe de mon silence. J'écris par acrobaties et pirouettes en l'air - j'écris de vouloir profondément parler. Même si l'écriture ne me donne que la pleine mesure du silence. »
vendredi 27 juillet 2012
Água de beber
À 53 ans, l'écrivaine brésilienne Clarice Lispector écrit une sorte de prose entre le roman, le carnet et la poésie; quelque chose de très court, très dense. C'est « Eau vive » :
« Seulement dans l'acte d'amour - dans la limpide abstraction stellaire de ce qui est senti - se capte l'inconnu de l'instant qui dans l'air vibre dur et cristallin, et la vie est cet instant inracontable, plus grand que l'événement lui-même : durant l'amour, l'impersonnel joyau du moment scintille dans l'air, étrange gloire du corps, matière devenue sensibilité par le frémissement des instants - et ce qui est senti est à la fois immatériel et si objectif qu'on dirait que ça arrive hors du corps, étincelant en haut, joie, joie qui est matière du temps et par excellence celle de l'instant. Et dans l'instant est le « est » de l'instant. Je veux saisir mon « est ». Et je chante alléluia dans l'air comme le fait l'oiseau. Et mon chant n'est à personne. Mais aucune passion soufferte dans la douleur et l'amour n'est suivie d'un alléluia.
[...] Je suis vivante. Mais je sens que je n'ai pas encore atteint mes limites, des frontières avec quoi? Sans frontière, l'aventure d'une liberté dangereuse. Je suis remplie d'acacias qui balancent du jaune, et moi qui commence tout juste mon périple, je commence avec le sens d'une tragédie, en devinant vers quel océan perdu vont les pas de ma vie. Et douloureusement je prends le contrôle de mon comble, mes délires m'étouffent avec tant de beauté. Je suis avant, je suis presque, je suis jamais. Et tout cela, je l'ai gagné en cessant de t'aimer. »
(Ma traduction.)
« Seulement dans l'acte d'amour - dans la limpide abstraction stellaire de ce qui est senti - se capte l'inconnu de l'instant qui dans l'air vibre dur et cristallin, et la vie est cet instant inracontable, plus grand que l'événement lui-même : durant l'amour, l'impersonnel joyau du moment scintille dans l'air, étrange gloire du corps, matière devenue sensibilité par le frémissement des instants - et ce qui est senti est à la fois immatériel et si objectif qu'on dirait que ça arrive hors du corps, étincelant en haut, joie, joie qui est matière du temps et par excellence celle de l'instant. Et dans l'instant est le « est » de l'instant. Je veux saisir mon « est ». Et je chante alléluia dans l'air comme le fait l'oiseau. Et mon chant n'est à personne. Mais aucune passion soufferte dans la douleur et l'amour n'est suivie d'un alléluia.
[...] Je suis vivante. Mais je sens que je n'ai pas encore atteint mes limites, des frontières avec quoi? Sans frontière, l'aventure d'une liberté dangereuse. Je suis remplie d'acacias qui balancent du jaune, et moi qui commence tout juste mon périple, je commence avec le sens d'une tragédie, en devinant vers quel océan perdu vont les pas de ma vie. Et douloureusement je prends le contrôle de mon comble, mes délires m'étouffent avec tant de beauté. Je suis avant, je suis presque, je suis jamais. Et tout cela, je l'ai gagné en cessant de t'aimer. »
(Ma traduction.)
lundi 23 juillet 2012
Balladeur
« Je me souviens d'un beau matin / Où nous mîmes fin à la guerre. / Elle me fit le don, ce jour-là / De son amour, de son anneau, / Dieu veuille que je vive assez / Pour passer les mains sous sa cape! »
***
« Hélas! d'amour je n'ai gagné / Que des tortures et des angoisses. Mon désir s'élance vers vous / Mais il ne peut pas vous atteindre / Et rien ne me fait plus envie / Que ce qui s'éloigne de moi. »
(Bugs Bunny troubadour, morceaux trouvés en flânant)
***
« Hélas! d'amour je n'ai gagné / Que des tortures et des angoisses. Mon désir s'élance vers vous / Mais il ne peut pas vous atteindre / Et rien ne me fait plus envie / Que ce qui s'éloigne de moi. »
(Bugs Bunny troubadour, morceaux trouvés en flânant)
Médiéval
« Je voudrais faire chanson neuve / Mais hélas tout a été dit. [...] C'est à ma plaisante manière / Que mon chant paraîtra nouveau. »
(Bugs Bunny, an de grâce 1208)
(Bugs Bunny, an de grâce 1208)
mardi 10 juillet 2012
Corps et politique
Sur les liens entre affects, percepts et politique :
« Aucun corps ne soutient des valeurs qu'il ne vit pas. »
« Nenhum corpo sustenta valores que não vive. »
Marília Muylaert
« Aucun corps ne soutient des valeurs qu'il ne vit pas. »
« Nenhum corpo sustenta valores que não vive. »
Marília Muylaert
Água de beber
Vous devriez le savoir, mais toutes les chansons brésiliennes légères insoutenablement ont des paroles qui tuent à la vitesse de l'éclair, au moment où l'on allait s'assoupir.
Exemple pour l'archi-connue Agua de Beber, que je traduis ainsi (et vous allez voir que ça parle pas de limonade et de fille en monokini) :
J'ai voulu aimer, mais j'ai eu peur
Eu quis amar, mas tive medo
J'ai voulu sauver mon coeur
E quis salvar meu coração
Mais l'amour connaît un secret
Mas o amor sabe um segredo
La peur peut te tuer le coeur.
O medo pode matar o seu coração
De l'eau à boire, de l'eau à boire, camarade. (x4)
Água de beber
Água de beber camará
[Les trois autres couplets, je répète pas le refrain :]
Je n'ai jamais fait une chose si juste
Eu nunca fiz coisa tão certa
Je suis entré(e) à l'école du pardon
Entrei pra escola do perdão
Ma maison vit ouverte
A minha casa vive aberta
J'ai ouvert toutes les portes du coeur
Abri todas as portas do coração
J'ai toujours connu une certitude
Eu sempre tive uma certeza
Qui ne m'a apporté que du désenchantement
Que só me deu desilusão
C'est que l'amour c'est une tristesse
É que o amor é uma tristeza
Qui marque trop douloureusement le coeur [d'une amère contusion]
Muita mágoa demais para um coração
Exemple pour l'archi-connue Agua de Beber, que je traduis ainsi (et vous allez voir que ça parle pas de limonade et de fille en monokini) :
J'ai voulu aimer, mais j'ai eu peur
Eu quis amar, mas tive medo
J'ai voulu sauver mon coeur
E quis salvar meu coração
Mais l'amour connaît un secret
Mas o amor sabe um segredo
La peur peut te tuer le coeur.
O medo pode matar o seu coração
De l'eau à boire, de l'eau à boire, camarade. (x4)
Água de beber
Água de beber camará
[Les trois autres couplets, je répète pas le refrain :]
Je n'ai jamais fait une chose si juste
Eu nunca fiz coisa tão certa
Je suis entré(e) à l'école du pardon
Entrei pra escola do perdão
Ma maison vit ouverte
A minha casa vive aberta
J'ai ouvert toutes les portes du coeur
Abri todas as portas do coração
J'ai toujours connu une certitude
Eu sempre tive uma certeza
Qui ne m'a apporté que du désenchantement
Que só me deu desilusão
C'est que l'amour c'est une tristesse
É que o amor é uma tristeza
Qui marque trop douloureusement le coeur [d'une amère contusion]
Muita mágoa demais para um coração
Bunny Fox
« I wanna have some fun/ Move my body all night long. »
« Je veux me faire du fun/ Toute la nuit mon corps remue. »
(Bugs Bunny)
« Je veux me faire du fun/ Toute la nuit mon corps remue. »
(Bugs Bunny)
Illimité
« Le bonheur ne connaît pas de limites morphiques. »
(Bugs Bunny, ivre de croissance personnelle.)
(Bugs Bunny, ivre de croissance personnelle.)
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